Les Centres socioculturels du Sud Avesnois viennent d’adopter une charte dédiée à la protection des enfants et des adolescents accueillis dans leurs structures. Adoptée à l’unanimité le 15 septembre par le bureau de l’association, elle s’applique désormais à l’ensemble des personnes intervenant auprès des mineurs, salariés comme bénévoles ou stagiaires. La protection des enfants et des adolescents devient officiellement un cadre commun aux différentes activités des Centres socioculturels du Sud Avesnois. Le 15 septembre dernier, le bureau de l’association a adopté à l’unanimité une charte de protection des mineurs, applicable sur ses deux agréments.
Le document concerne l’ensemble des activités proposées aux jeunes : accueils de loisirs à Fourmies, Glageon et Wallers-en-Fagne, accueils ados, activités périscolaires, temps méridiens, séjours ou encore interventions ponctuelles. Surtout, la charte ne s’adresse pas uniquement aux salariés. Toute personne amenée à être en contact avec des mineurs dans le cadre de l’association devra en prendre connaissance et la signer : salariés, personnes en contrat d’engagement éducatif, bénévoles, stagiaires, volontaires, prestataires ou autres intervenants.
Des règles précises pour les adultes comme pour les échanges numériques
La démarche est née de réflexions menées au sein de l’association à partir de situations rencontrées, mais aussi dans un contexte national où les questions de protection des mineurs occupent une place importante.
« Comment mieux protéger les jeunes qui nous sont confiés ? », résume Samuel Helbecque, président des Centres socioculturels du Sud Avesnois.
La charte fixe ainsi un certain nombre de principes considérés comme essentiels. La relation entre un adulte et un mineur doit rester éducative, respectueuse, visible et strictement professionnelle. Les violences, humiliations, menaces, discriminations, phénomènes d’emprise, favoritisme ou comportements sexualisés sont explicitement proscrits.
Le texte encadre également les relations en dehors des activités. Les rencontres privées, invitations, hébergements ou rendez-vous avec un mineur connu dans le cadre des activités sont interdits. Les transports dans un véhicule personnel sont eux aussi strictement encadrés.
Une attention particulière est portée aux réseaux sociaux et aux communications numériques. Les intervenants ne doivent pas ajouter, suivre ou contacter les jeunes accueillis depuis leurs comptes personnels, que ce soit sur Instagram, Snapchat, TikTok, Facebook, WhatsApp ou encore dans les jeux en ligne. Les échanges nécessaires doivent passer par des canaux officiellement autorisés et identifiables.
Une règle qui se veut adaptée aux usages des jeunes aujourd'hui : « Avec une génération hyperconnectée, ces limites doivent aussi exister en ligne », souligne le président de l'association.
Savoir donner l'alerte
La charte aborde également les situations dans lesquelles un professionnel, un bénévole ou un intervenant serait confronté à une confidence, un comportement préoccupant ou un signe pouvant laisser craindre qu'un enfant soit en danger.
Le principe est clair : ne pas mener soi-même une enquête, mais écouter, recueillir les éléments utiles et transmettre rapidement l'information à la direction ou au référent désigné.
En cas de danger grave et imminent, les consignes prévoient de mettre le mineur en sécurité et de contacter les services de secours. Pour un enfant en danger ou susceptible de l'être, le 119, numéro national dédié à l'enfance en danger, est également rappelé dans le document.
L'association prévoit par ailleurs d'évaluer immédiatement tout signalement crédible. Elle peut notamment retirer provisoirement une personne du contact avec les mineurs afin de protéger les jeunes, le temps que la situation soit examinée dans le respect des procédures et de la présomption d'innocence.
Une charte qui doit vivre au quotidien
Pour les Centres socioculturels du Sud Avesnois, l'objectif n'est pas de créer un document supplémentaire qui resterait dans un dossier administratif.
Chaque personne concernée doit recevoir la charte, en prendre connaissance et la signer. Une présentation des règles et du circuit d'alerte est également prévue. L'association entend ainsi faire de cette charte un outil de prévention et de référence au quotidien.
« C'est une barrière supplémentaire face aux comportements déplacés ou déviants. Elle ne peut pas, à elle seule, empêcher tous les faits, mais elle permet à chacun de connaître les limites à respecter et de savoir comment donner l'alerte », explique Samuel Helbecque.
La démarche vise donc autant à protéger les mineurs qu'à donner un cadre précis aux adultes qui les accompagnent. L'association souhaite que chacun sache clairement ce qui est autorisé, ce qui ne l'est pas et surtout quelle attitude adopter lorsqu'une situation devient préoccupante.
Pour les Centres socioculturels du Sud Avesnois, cette charte constitue ainsi un engagement collectif : faire de la sécurité physique, affective et morale des enfants et des adolescents une priorité dans l'ensemble des activités proposées.