Hautmont / Affaire de l'aide-soignante mise à pied à l'hôpital: la direction nous répond.


08 avril 2020 - 4685 vues

L'information a fait le tour des réseaux sociaux ce weekend. Selon les informations de Gilles Fagot, membre du bureau départemental du syndicat sud santé sociaux 59 à Lille, une mise à pied immédiat d’une aide-soignante, militante SUD, s'est produite ce  samedi 4 avril à 6 h 30, à sa prise de poste. D'après un communiqué, "il lui a été reproché publiquement devant ses collègues, d’être intervenue dans le cadre de son mandat pour d’une part exiger des masques et des test de dépistage pour les soignants". Sud santé sociaux exige la réintégration immédiate de cette professionnelle. 

Rappel des faits ICI avec interview de Gilles Fagot 

Nous avons contacté l'établissement, qui nous a répondu dans un communiqué qui nous est parvenu ce mardi 7 avril, voici les rectifications que souhaite apporter la directrice de l'établissement Valérie Douez, suite aux propos de Gilles Fagot sur notre antenne:

- Les soignants sont équipés depuis plusieurs semaines d’un masque chirurgical ou FFP2 : 2 par poste de travail de 7h30, à changer toutes les 4 heures. A aucun moment, une note de service n’a donné pour consigne de restreindre cette utilisation à 2 par équipe.

- Le cas de suspicion Covid-19 évoqué dans cet interview n’est pas le premier cas suspect rencontré au sein de l’établissement : cette situation avait déjà été gérée efficacement et à 4 reprises en EHPAD avec retour négatif des prélèvements.

- Seule la première page du protocole du CHU de Lille, en exemple, a été jointe à ma réponse au mail car seule cette partie concernait la problématique soulevée en matière de port de masque : différence d’usage entre le masque chirurgical et le masque FFP2, ce dernier étant normalement utilisé que pour des gestes médicaux invasifs.

- Appel aux dons : Stock en effet tendu en matière de masques mais aussi de tout autre équipement de protection. Nous sommes effectivement mobilisés pour rechercher toute nouvelle source d’approvisionnement pour conforter celui-ci.

- En ce qui concerne la suspension, à titre conservatoire, de cet agent : Je n’ai pas empêché l’entrée dans l’établissement, je n’ai pas attendu cet agent sur le parvis de l’entrée principale de l’établissement et ne lui ai pas signifié sa suspension de manière orale. Je souhaitais juste pouvoir lui remettre ce courrier en mains propres, ce qu’elle a refusé après l’avoir lu brièvement. Je ne pouvais pas par ailleurs la joindre par téléphone car cet agent n’a jamais communiqué son nouveau numéro.

- Au niveau du manque de communication : des notes de service ont été faites, des recommandations et des protocoles diffusés, une lettre d’information a été diffusée, un CHSCT a eu lieu ce 27 mars.

- Je ne suis pas à l’initiative d’un courrier de soutien à l’établissement que serait en train signer le personnel. Il est à l’initiative de professionnels choqués des propos qu’ils peuvent lire sur les réseaux sociaux. J’en ai été informée lundi matin, en cellule de crise.

- Nous n’avons pas appelé cette soignante pour venir chercher son courrier car, comme je l’indique ci-dessus, elle ne nous a pas communiqué son numéro de téléphone. C’est elle-même qui a envoyé un mail en ce sens au DRH.

La suspension de cet agent n’est aucunement en lien direct avec sa demande de matériel et de tests que nous mettons à disposition selon les directives de nos autorités sanitaires. J’appelle à la modération et à la décence. Nous souhaitons rester concentrés et mobilisés pour nos patients et résidents et pour nos professionnels dont je peux comprendre l’inquiétude. Nos actions à ce stade ont porté leurs fruits car nous n’avons aucun cas avéré de Covid-19, à l’heure où je vous communique ce droit de réponse. Je suis fière du travail effectué par les équipes !"