Josette Minette, 54 ans de fidélité à Solemur… et toujours pas de retraite en vue !

12 octobre 2026 - 12 vues
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À Fourmies, Josette Minette fait partie de ces visages qui traversent les années sans perdre ni leur sourire ni leur caractère. À la tête du magasin Solemur depuis 1972, elle continue de faire vivre cette enseigne du centre-ville avec la même énergie. Et gare à celui qui lui parle de retraite !

Il y a des mots qu’il vaut mieux choisir avec précaution. « Décennies », par exemple. Lors d’un premier échange téléphonique, j’ai eu l’indélicatesse de rappeler à Josette Minette qu’elle était présente depuis des décennies à la tête de Solemur, rue Cousin-Corbier, à Fourmies. Quelques jours plus tard, à mon arrivée au magasin, son accueil ne manque pas de piquant : « Ah, voilà la décennie ! »

Le ton est donné. Derrière la commerçante, on découvre une femme de caractère, pleine d’humour, qui n’a rien perdu de son sens de la répartie. Depuis 1972, Josette est l’une des figures incontournables de cette enseigne spécialisée dans la vitrerie, les papiers peints, la peinture et les revêtements de sol. Cinquante-quatre ans de présence, de travail et de rencontres, qui font aujourd’hui de Solemur une véritable institution à Fourmies.

Une histoire de famille et de travail

Au fil des années, Josette a d’abord travaillé pour son mari, René, avant de poursuivre l’aventure à ses côtés. Ensemble, ils ont consacré une bonne partie de leur vie à leur entreprise. Jusqu’à 85 heures de travail par semaine, raconte Josette. Un rythme qui en dit long sur leur engagement, à une époque où l’on ne regardait pas forcément sa montre toutes les cinq minutes.

Au départ, pourtant, Josette n’était pas certaine d’être dans son élément. Mais elle avait grandi avec le goût de l’effort. Ses parents étaient poissonniers, rue du Maire-Coppeaux, à Fourmies. Le travail, le contact avec les clients et le sens du commerce faisaient donc déjà partie de son environnement.

Puis, il y a près de vingt ans, des problèmes de vue contraignent René à prendre sa retraite. Leur fils Lionel reprend alors le flambeau. Mais Josette, elle, ne quitte pas le comptoir. La transmission se fait en famille, sans que celle qui a accompagné l’histoire du magasin pendant tant d’années ne tourne la page.

Une enseigne à leur image

Difficile de manquer Solemur, dont la façade ornée d’un arc-en-ciel apporte une touche de couleur à la rue. À l’intérieur, l’accueil est à l’image du couple Minette : lumineux et sincère.

René, lui, semble presque gêné de ne pas pouvoir davantage me recevoir. Il me le répétera plusieurs fois au cours de notre rencontre. Une délicatesse qui en dit autant sur l’homme que sur le couple, visiblement attaché à son entreprise et aux personnes qui la font vivre.

Car derrière les pots de peinture, les rouleaux de papier peint et les revêtements de sol, il y a surtout une histoire humaine. Celle de deux personnes qui ont donné des années de leur vie à leur commerce, sans compter les heures, et qui ont vu défiler les générations de clients.

La retraite ? Pas tout de suite !

Alors, forcément, la question finit par arriver : et la retraite, dans tout ça ? Avec Josette, mieux vaut ne pas trop insister. Elle aurait pu raccrocher depuis longtemps, mais elle est toujours là, fidèle au poste. Et si elle nourrit secrètement un rêve, c’est bien celui d’être encore présente dans cinquante ans !

À 54 ans de présence de Solemur à Fourmies, le calendrier semble presque lui donner raison : Josette n’a manifestement pas l’intention de laisser les années lui dicter son emploi du temps. Et preuve que le magasin reste dans l’ère du temps, il est point-relais, ce qui permet de retirer et d'envoyer des colis, et ce qui a permis à quelques clients d’assister à l’enregistrement de l’interview.

Au moment de repartir, je me dis qu’il faudra revenir. Pas forcément pour parler peinture, vitrerie ou décoration, mais simplement pour discuter encore un peu avec Josette et René. Parce que certaines rencontres rappellent que derrière les commerces de proximité, il y a des histoires, des personnalités et des sourires qui méritent qu’on s’y attarde.

Et, cette fois, promis, je ferai attention aux mots que j’emploie !

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