Pass’Sport : Naima, présidente d'un club d’athlétisme, dénonce des familles exclues du dispositif.

06 octobre 2026 - 38 vues
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Naïma Ouannoughi, présidente et entraîneur d’un club d’athlétisme dans les Ardennes, pousse un coup de gueule concernant les nouvelles conditions du Pass’Sport. Elle s’inquiète de voir certaines familles ne plus bénéficier de cette aide destinée à faciliter l’accès des jeunes aux activités sportives.

Le Pass’Sport a fait son retour pour la saison 2026-2027 avec une aide de 50 euros. Le dispositif a également été élargi aux jeunes de 6 à 17 ans, sous certaines conditions de ressources. Pour les 6-17 ans, le quotient familial CAF ou MSA doit notamment être inférieur ou égal à 699 euros.

Un changement qui fait réagir Naïma Ouannoughi. Présidente et entraîneur d’un club d’athlétisme à Nouzonville et Bogny-sur-Meuse, dans les Ardennes, elle explique avoir choisi depuis plusieurs années de maintenir des tarifs de licence accessibles, son club comptant parmi les moins chers du département.

« Derrière chaque enfant, il y a une famille. Et pour certaines familles, chaque euro compte », souligne-t-elle.

Selon elle, le problème se situe dans l'évolution des conditions d'accès au Pass’Sport. En 2024, l'aide était de 50 euros et concernait notamment les jeunes de 6 à 30 ans selon leur situation. En 2025, son montant était passé à 70 euros, avec un dispositif recentré notamment sur les jeunes de 14 à 17 ans bénéficiaires de l'allocation de rentrée scolaire, ainsi que sur certains jeunes en situation de handicap et étudiants boursiers. Pour 2026, le montant est revenu à 50 euros et les 6-13 ans ont réintégré le dispositif. Mais l'accès des 6-17 ans est désormais conditionné à un quotient familial CAF ou MSA inférieur ou égal à 699 euros.

C’est cette nouvelle condition qui inquiète Naïma. Elle estime que certaines familles qui avaient pu bénéficier du dispositif auparavant ne peuvent désormais plus en profiter. Elle pense notamment aux familles monoparentales, aux familles nombreuses ou encore aux foyers dont les parents travaillent mais disposent de revenus qu’elle considère comme modestes.

« Ces familles vont devoir faire des choix », estime-t-elle.

Pour la présidente de club, le coût de la vie rend déjà les arbitrages difficiles. Elle cite notamment l’augmentation des dépenses liées au carburant, à l’alimentation ou encore aux charges du quotidien. Elle redoute que le sport des enfants fasse partie des dépenses auxquelles certaines familles pourraient être contraintes de renoncer. Naïma fait également le lien avec les préoccupations autour de la sédentarité des jeunes et du temps passé devant les écrans. Selon elle, il est difficile de demander aux enfants de pratiquer davantage d’activité physique tout en rendant, selon elle, l'accès aux clubs plus compliqué pour certaines familles.

Mais son inquiétude dépasse la seule question du Pass’Sport.

La présidente évoque également la situation du monde associatif et la difficulté croissante à trouver des bénévoles. Elle rappelle que les dirigeants et entraîneurs donnent souvent de leur temps gratuitement, notamment le soir et le week-end, pour faire fonctionner les clubs. Elle craint qu'à terme, l'épuisement des bénévoles entraîne une diminution du nombre de clubs et de licenciés.

« Le sport n’est pas un luxe », insiste-t-elle.

Pour Naïma Ouannoughi, le sport représente bien plus qu'une activité physique : elle évoque la santé, le respect, l'apprentissage de l'effort, le lien social et la confiance en soi. Elle appelle donc à donner davantage de moyens aux familles pour permettre aux enfants de continuer à pratiquer une activité sportive.

Un coup de gueule qui se veut avant tout, selon elle, un message d'alerte sur l'avenir des jeunes et du monde associatif. « Nos jeunes méritent mieux. Nos familles méritent mieux. Nos associations méritent mieux. Nos bénévoles méritent mieux », conclut-elle.

 

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